Le risque face au doublement de la demande en café en 2050

Bonne nouvelle : la demande en café pourrait doubler d’ici à 2050, principalement par les pays émergents. Mauvaise nouvelle : cela imposerait des changements importants dans le paysage et les techniques. C’est le constat qu’a fait fin 2018 le World Coffee Research (WCR) et qui est plus que jamais d’actualité.

Tripler la production

Pour faire face à la demande, l’industrie du café devra produire entre 4 millions et 14 millions de tonnes de café en plus chaque année, soit tripler sa production, ce qui pose plusieurs questions. Les producteurs pourront-ils accroître leur productivité ? L’industrie du café aura-t-elle la capacité de doubler sa surface de production dans les trente années à venir et à quel prix ? D’autant que dans le même temps le changement climatique pourrait rendre infertile la moitié des terres qui aujourd’hui sont fertiles.

Actuellement, selon l’ONG Conservation International, moins de 2% des terres fertiles sont utilisées pour cultiver le café, ce qui signifie que le réservoir est plus que suffisant pour faire face à la demande future. Sauf que… 60% des terres adéquates sont actuellement couvertes par la forêt, principalement dans les Andes, en Amérique centrale et dans l’Asie du sud-est. Accroître la surface de production reviendrait donc accélérer la déforestation. Mais l’enjeu va plus loin.

Le risque de café génétiquement modifié 

« Si rien n’est fait, plus de la moitié des plantations de café du monde deviendront inadaptées en raison du changement climatique », pense Greg Meenahan, directeur de l’institut de recherche World Coffee Research.

« Beaucoup de gens ne réalisent pas que tous les fruits et légumes qu’ils mangent ont derrière eux d’énormes équipes de chercheurs et de généticiens qui travaillent pour améliorer la culture. Pas seulement pour l’améliorer en luttant contre les maladies mais aussi pour créer de nouvelles variétés qui répondent à la demande des consommateurs.

« Les origines coloniales du café s’ajoutent à sa vulnérabilité et la façon dont il a voyagé dans le monde de telle sorte que 80 à 90% du café que nous buvons sont très étroitement liés les uns aux autres, il y a donc très peu de diversité génétique, ce qui signifie qu’une seule maladie peut affecter toute la culture. »

Une économie forte

Le café est, en valeur, la première ressource agricole au monde. On compte 25 millions de producteurs dans le monde et sa culture représente 120 millions d’emplois répartis dans une cinquantaine de pays tropicaux.

70% de la production mondiale de café provient de petites exploitations familiales de moins de 5 hectares qui cultivent principalement deux espèces : l’arabica (70% de la production mondiale) et le robusta (30% de la production mondiale).