L’impact du Covid-19 sur la production de café dans le monde

Selon le rapport de l’International coffee organization (ICO) publié en mai 2020, la fluctuation des prix du café a été très sensible depuis le début d’année. Orientés à la hausse, les prix du café sont entrés en contradiction avec la stabilité des prix du marché mondial des principaux aliments de base.

Si certains experts pointaient du doigt en début d’année 2020 l’incertitude du côté de l’offre et au resserrement du marché, il apparaît que c’est bien la pandémie de Covid-19 qui semble avoir aggravé les fluctuations des prix du café, produisant un choc sans précédent entre l’offre et la demande.

Toute la chaîne du café a été touchée

Ces variations de prix sont essentiellement dues à l’arabica, qui représente environ 60% de la production mondiale de café et au sujet duquel il y a eu plus de préoccupations concernant les ruptures d’approvisionnement par rapport au Robusta. Si la hausse moyenne des prix dépassait en moyenne les 10% en mars, elle a été plus maîtrisée autour de 1% en avril.

Il s’avère que c’est toute la chaîne du café qui a été touchée par la mise sur pause des stockages, du transport maritime international et la dévaluation des monnaies (la monnaie brésilienne a ainsi perdu 15% de sa valeur par rapport au dollar américain pendant le premier trimestre 2020).

L’impact de la distanciation sociale dans les ports…

Les mesures de distanciation sociale imposée dans plusieurs pays ont également conduit à un ralentissement des exportations et importations. Par exemple, dans certains ports, les mesures imposaient qu’une seule personne à la fois puisse

accéder à un conteneur pour charger des sacs, ce qui a conduit à la réduction du chargement des conteneurs. De plus, de nombreuses autorités portuaires et douanières ont travaillé avec un personnel réduit.

Alors que le café, sous sa forme verte, est moins périssable que les fruits et les légumes, les retards et les blocages le long de la chaîne d’approvisionnement peuvent encore affecter la qualité du café et donc les prix.

Dans le monde, les exportations ont chuté en moyenne de 3,9% sur les premiers mois de l’année 2020 par rapport à l’année précédente. Des baisses plus importantes ont été relevées en Colombie (20%), en Inde (10%) et au Honduras (7%).

… et sur les exploitations

Au Brésil, le plus grand producteur et exportateur de café au monde, la récolte mécanique est la technique la plus répandue. Mais une partie d’Arabica et de Robusta est toujours récoltée à la main.

La propagation du virus pourrait entraîner une réduction de l’offre de main-d’œuvre en raison des mesures de distanciation sociale et de confinement et, dans une moindre mesure, la maladie.

Ceci devrait affecter la main-d’œuvre saisonnière au Brésil. Avoir moins de cueilleurs dans les champs pourraient se traduire par des retards de récolte ou une récolte effectuée sur une plus longue période, affectant de manière négative la qualité et les prix de production.

Ainsi, la Fédération nationale des producteurs de café de Colombie a déjà observé une baisse de 28% de la récolte en Colombie au mois d’avril, par rapport à avril 2019. Si des pays ne commencent leur récolte qu’en juillet, ailleurs dans le monde celle-ci se concentre surtout sur le dernier trimestre de l’année, période à laquelle la pandémie devrait avoir nettement reculé.