L’American Cancer Society plébiscite le café

Dans la dernière version de son guide de l’alimentation et de l’activité physique, l’American Cancer Society consacre une large partie à la consommation de café, faisant référence à un certain nombre d’articles scientifiques évoquant ses bienfaits.

« La consommation de café a-t-elle un impact sur le risque de cancer ? », interroge l’organisation avant d’y répondre par l’affirmative.

« Que la consommation de café réduise ou augmente le risque de différents types de cancers a été un domaine de recherche actif. Des études ont démontré que la consommation de café réduit probablement le risque de cancers du foie et du col de l’utérus, bien que la relation causée par le tabagisme puisse expliquer cette dernière association.

« Il existe des preuves que le café réduit également le risque de cancer de la bouche, du pharynx et du larynx, ainsi que le cancer de la peau chez les hommes et les femmes, et peut-être un mélanome malin chez les femmes.

Buvez chaud… mais pas trop !

« De même, des études antérieures ont laissé entendre que la consommation de boissons très chaudes, supérieures à 149° Fahrenheit (65°C, ndlr), comme le café et / ou le thé, peut augmenter le risque de cancer de l’œsophage. Il peut donc y avoir un avantage à consommer du café et d’autres boissons à une température moyenne (plutôt que très chaude). »

En mai 2016, un groupe de travail de 23 scientifiques représentant dix pays s’était en effet réuni au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) à Lyon, en France, pour évaluer l’aspect cancérologique de la consommation de café, mais aussi de maté et de boissons très chaudes.

Publiées dans la revue scientifique The Lancet, les chercheurs, qui se basaient sur un millier d’études (en Iran, Chine et Amérique du Sud), avaient conclu que les boissons chaudes n’étaient finalement pas cancérigènes en soit. « Ces résultats suggèrent que la consommation de boissons très chaudes est une cause probable du cancer de l’œsophage et que c’est la température, plutôt que les boissons elles-mêmes, qui semble être responsable »,avait nuancé Christopher Wild, directeur de l’International Agency for Research on Cancer (IARC).

Des effets bénéfiques pas encore totalement assimilés

Dans son guide, l’American Cancer Society, qui revendique fièrement d’avoir fait baisser le taux de mortalité de cancer de 29% aux États-Unis entre 1991 et 2017, admet néanmoins que « les mécanismes potentiels par lesquels le café peut exercer des effets bénéfiques sur le risque de certains cancers ne sont pas pleinement assimilés ».

L’ACS rappelle que « des centaines de composés biologiquement actifs, y compris la caféine, les flavonoïdes et d’autres polyphénols se trouvent dans le café torréfié. Il a été démontré que ces composés du café et d’autres augmentent la dépense énergétique, inhibent les dommages cellulaires, régulent les gènes impliqués dans la réparation de l’ADN, ont des propriétés anti-inflammatoires et / ou inhibent les métastases.

« Le café influence également le transit intestinal et le métabolisme hépatique des cancérogènes. Par conséquent, ces facteurs peuvent également contribuer à réduire le risque de certains cancers de l’appareil digestif. »