Le café, une boisson de riches ?

Chaque foyer français consacre en moyenne 2,9% de leur budget annuel en boissons, ce qui a représenté, sur l’année 2018, 35 milliards d’euros pour leur consommation à domicile. C’est ce qui ressort d’une étude de l’Insee sur « les dépenses des ménages en boissons depuis 1960 ».

Pour autant, les Français dépensent de moins en moins à l’extérieur pour boire : 0,7% de leur consommation en 2018, contre 2% en 1960. La part des boissons alcoolisées baisse, spécialement les vins, du fait notamment des politiques publiques de lutte contre la consommation quotidienne d’alcool intervenues au mitant des années 90. En revanche, la part des vins de qualité progresse (20,7% du budget alcool en 2018). En clair : on boit moins de vin, mais on en boit du meilleur !

Pour le café, c’est la même chose.

Selon l’Insee, la part de dépenses dans les boissons chaudes, dont le café, a décru fortement depuis les années soixante. La part des boissons non-alcoolisées représentaient 71,2% en 1960. Elles ne représentent plus que 30,2% en 2018. A l’inverse, « la part de la consommation des eaux de table, des boissons aromatisées et des sodas, ainsi que des jus de fruits et de légumes, a fortement augmenté depuis 1960 : au total, elle atteint 69,8 % de la dépense en boissons non-alcoolisées en 2018 ».

« La tendance s’est toutefois inversée dans les années 2010, essentiellement en raison de la progression du café », indique l’institut de statistiques dans son étude.

Profil du buveur de café en France : âgé, aisé, proche de la terre

Sans devenir pour autant un produit de luxe, le café semble être privilégié par les ménagés aisés qui enregistrent une hausse de leurs dépenses dans le café : +1,3% pour le quatrième quintile et +3,3% dans le dernier quintile. A l’inverse, les ménages les plus modestes restreignent leurs dépenses : -4,2% dans le 1er quintile, soit les plus modestes, et -2,5% dans le 2e quintile, généralement au profit du cacao (+0,4%).

Si les moins de 26 ans sont les moins enclins à se tourner vers le café (-26%), la part des 56 ans et plus augmente (+4,1%). Plus on vieillit, plus on apprécie le café.

Dans les catégories socio-professionnelles, les agriculteurs sont les plus grands consommateurs de café, suivis par les cadres, les professions intellectuelles supérieures et les retraités.

Géographiquement, on consomme de moins en moins de café dans les DOM, dans le Nord et en région parisienne. A l’inverse, la consommation augmente dans le bassin parisien, le centre et l’Est, la méditerranée et dans le Sud-Ouest.

La nuance de l’Insee

« Les niveaux de vie ne sont pas seulement en jeu », nuance l’Insee dans son étude. « La part des ménages dont la personne de référence est jeune est plus importante au sein des ménages modestes que dans l’ensemble des ménages et ils ont tendance à dédier une part plus importante de leur budget boissons non-alcoolisées aux sodas ainsi qu’aux jus de fruits, de légumes et autres boissons aromatisées (respectivement 7,6 points et 14,0 points de plus que la part moyenne).

« Dans ce budget, les ménages dont la personne de référence est âgée de moins de 26 ans destinent 15,6 points de moins que la moyenne au café et 5,5 points de moins à l’eau en bouteille. À l’inverse, les ménages de plus de 65 ans dédient une part plus importante au café (+ 6,5 points) et à l’eau en bouteille (+ 5,7 points).

« En 2017, les ménages habitant dans le sud de la France (Sud-Ouest et Méditerranée) ainsi que ceux habitant dans les départements d’outre-mer (DOM) consacrent une part plus importante de leur budget boissons aux boissons non-alcoolisées que l’ensemble des ménages. »