Le café robusta porte bien mal son nom

Une récente étude affirme que les plants de café robusta résisteraient finalement moins bien à la hausse des températures, produisant un rendement moindre que ce que l’on pensait avant, ce qui mettrait un doute sur ses capacités de production future.

On savait déjà que le café arabica, qui représente 60% de la production mondiale de café, était issu d’une plante fragile, sensible aux fortes chaleurs, assez vulnérable aux maladies, qui pousse en altitude (entre 600 m et 2000 m) et bien mieux dans un environnement humide et ombragé, donc plus frais.

A l’inverse, le café robusta, 40% de la production mondiale de café, est cultivé à un niveau inférieur (entre 0 et 600 m d’altitude) avec cette réputation d’être mieux résistant que l’arabica en ce sens qu’il supporterait mieux les fortes chaleurs et les taux d’humidité élevés.

800 exploitations étudiées sur 10 ans

Or, une étude portant sur dix années et 798 exploitations situées en Asie du Sud-Est apporte une nuance à cette réputation. Les auteurs estiment en effet que la tolérance à la chaleur a été surestimée par l’industrie du café et que son rendement a au contraire tendance à diminuer de façon certaine lorsqu’un certain seuil de température est atteint.

Alors que l’on pensait que la température idéale pour cultiver le robusta était de l’ordre de 22 à 30° en moyenne annuelle, l’étude apporte un sérieux bémol. « Nous démontrons que le robusta a une température optimale inférieure à 20,5° C (ou un minimum / maximum moyen ≤16,2 / 24,1° C), ce qui est nettement inférieur, de 1,5 à 9° C par rapport aux estimations actuelles », écrivent les auteurs dans leur étude publiée fin mars 2020 dans la revue Global Change Biology.

Rendements inférieurs

Et si la température augmente, moins il y aura de rendement. « Pendant la saison de croissance, chaque augmentation de 1° C des températures moyennes minimales/maximales supérieures à 16,2°/ 24,1° C correspondait à des baisses de rendement de 14% ou 350–460 kg/ha », est-il détaillé, ce qui laisserait entendre que le robusta se comporte finalement comme l’arabica.

En clair : « le café robusta est beaucoup plus sensible à la température qu’on ne le pensait auparavant ». Une saison de croissance plus humide et une saison de floraison plus sèche conduisent aux meilleurs rendements, mais la pluie peut également atténuer certains des effets négatifs des températures chaudes.

Son potentiel de production pourrait diminuer considérablement à mesure que les températures augmentent sous l’effet du changement climatique, « mettant en péril une industrie du café de plusieurs milliards de dollars et les moyens de subsistance de millions de producteurs ».