Les expéditions mondiales de café ont chuté de 14,6% en mai, faut-il s’en inquiéter ?

L’Organisation internationale du café (IOC) vient de publier les dernières statistiques de la production de café dans le monde.

Il apparaît qu’en mai 2020, les expéditions mondiales ont chuté de 14,6 % pour s’établir à 10,49 millions de sacs. Effet de la crise du coronavirus, cette chute n’est pas surprenante en soi mais doit-on s’en inquiéter ?

« Ce volume est le troisième volume le plus important jamais enregistré pour le mois de mai et fait suite à des expéditions exceptionnellement élevées l’année dernière », nuance l’IOC dans un communiqué.

Plus généralement, les exportations sont en baisse depuis les huit premiers mois de l’année caféière 2019-2020, de l’ordre de 4,7% par rapport à la même période 2018-2019. En revanche, les expéditions de Robusta ont augmenté de 2,5% à 31,67 millions de sacs au cours des huit premiers mois de l’année caféière 2019/20.

Le Brésil, 1er pourvoyeur de l’Union européenne

Selon le même rapport mensuel de l’IOC, d’octobre 2019 à mars 2020, les importations de l’Union européenne ont chuté de 2,9 %. Le Brésil reste la principale source des importations de café de l’Union européenne, avec 20 % de ses importations d’octobre 2019 à mars 2020 devant le Vietnam (13,8%), la Colombie (3,9 %), le Honduras (3,8 %) et l’Ouganda (3,2 %).

Cependant les importations en provenance du Brésil et du Vietnam ont baissé respectivement de 6,7 % et de 10,4 %. « Toutefois, les importations en provenance de la Colombie ont augmenté de 0,3%, celles du Honduras de 20,7% et celles de l’Ouganda de 7,6% », précise l’organisation.

Environ 70 % des importations de l’Union européenne sont constituées de café vert, en particulier celles provenant des pays producteurs, tandis que le café soluble représente environ 10 % de ses importations.

Un avenir pas si brillant

Dans une étude réalisée auprès de 16 pays membres de l’IOC (Afrique, Asie, Amérique centrale, Caraïbes et Amérique du Sud) représentant 85% de la production mondiale du café, il apparaît que la crise du Covid-19 a eu un premier effet néfaste et que l’avenir, dans les six à douze mois, n’est pas plus brillant. Les mesures imposées par les gouvernements – distanciation sociale, restrictions dans les déplacements, confinement… – ont produit des effets dévastateurs.

Le secteur du café a subi un impact négatif en termes d’emploi (pour 75% des personnes interrogées), de revenus (63%), et de consommation (56%).

« La pandémie de Covid-19 représente un autre défi pour le secteur du café, qui souffrait déjà d’une période prolongée de bas prix », indique l’organisation. « Pour le secteur du café, le retard ou le report des commandes des pays consommateurs qui en résulterait pourrait entraîner la fermeture définitive de nombreuses exploitations, avec pour conséquence la destruction de toutes les économies locales basées sur le café. »