Baisse de la consommation de café en 2020

La consommation mondiale de café devrait baisser cette année pour la première fois depuis 2011. C’est l’annonce qu’a fait au début du mois de juillet le département américain de l’Agriculture (USDA) et ce, malgré l’achat massif de café pour stocker à la maison.

Un chercheur a estimé que 95% des cafés ont été fermés à un moment de la pandémie. Avec les restrictions touchant l’ensemble des entreprises dans le monde, la réouverture des établissements s’accompagne d’un marché très difficile à reprendre. « Ce sera un retour lent et échelonné pour nous, car de nombreux bureaux à Londres ne reviendront qu’après l’été, et certains pourraient même ouvrir seulement l’année prochaine », a déclaré le co-fondateur de la chaîne Notes, Robert Robinson, à l’agence Bloomberg. « Et si vous avez envie d’un cappuccino, le commander en ligne ne fonctionne pas vraiment car le café a une dimension sociale »

Cette situation a accéléré un changement de modèle économique chez Starbucks qui va ouvrir plus de pas-de-portes pour des ventes à emporter plutôt que des propres établissements où l’on peut s’asseoir et consommer sur place comme c’était le cas jusqu’à présent. Au mois de mai, ses ventes ont chuté de 43%.

Du mieux à venir

Les conséquences pourraient être économiquement plus graves pour les quelques 125 millions de personnes dans le monde dont la survie dépend de la production de café. Cette nouvelle crise s’ajoute à celle, financière, survenue après des années de récoltes exceptionnelles qui ont déclenché une baisse constante des prix sur le marché pour arriver aujourd’hui à un niveau proche du seuil de rentabilité.

En Asie, où le marché du café connaît la croissance la plus rapide, la consommation dans les restaurants et les cafés devrait se redresser au cours du second semestre de l’année, de nombreux pays sortant des fermetures, et l’USDA prédit également un rebond de la demande mondiale l’année prochaine.

En revanche, la reprise des foyers de contamination ici et là pourrait empêcher une reprise salutaire pour tous. Ajouter à cela la crise économique et on comprendra bien mieux pourquoi un acteur risque de bien s’en sortir : le café instantané, bien moins cher (avec une qualité extrêmement discutable).

« Les consommateurs continueront à adopter le café maison et le café instantané, à la fois parce qu’ils éviteront toujours de se rendre dans les cafés, et aussi parce que c’est généralement une alternative moins chère », a indiqué un analyste de Fitch Solutions à l’agence Bloomberg.