Comment elle a incité les Nigérians à boire du café du Nigeria

Elle s’appelle Princess Adeyinka Tekenah et a créé Happy Coffee au Nigeria en 2015. « L’idée de l’entreprise a commencé lorsque j’étais à l’université en Amérique », explique-t-elle. « J’ai lu le livre de Howard Schultz, le fondateur de Starbucks, Pour Your Heart Into It. J’ai été inspiré par la façon dont il a transformé toute la culture du café en Amérique et dans le monde et je me suis dit que dès qu’une opportunité se présenterait de créer ma propre entreprise, ce serait pour du café. »

Grâce à programme dédié aux jeunes entrepreneurs, elle dispose d’une enveloppe de 5000$ pour monter son entreprise. « Dès le début, l’objectif était de s’assurer que les Nigérians avaient accès au café cultivé localement. Le Nigéria cultive du café, mais les gens buvaient des produits importés. Notre entreprise cherche à créer des solutions pour les défis qui freinent le secteur du café au Nigéria. »

Sous la pression des consommateurs

La première chose a été de lancer un café mobile afin de vendre le café à emporter sur les marchés et autres événements. Mais au bout d’un an d’exploitation, les consommateurs eux-mêmes demandent à ce que soit créé un véritable lieu, ce qui a conduit au premier café éphémère en 2017.

« Les clients ont ensuite demandé à acheter notre café en grain pour leur propre consommation et notre entreprise s’est lancée dans ce segment d’activité. Nous avons commencé à commercialiser notre propre blend qui est du café fraîchement torréfié provenant d’agriculteurs nigérians », raconte la jeune entrepreneuse.

Désormais, Happy Coffee dispose de trois cafés éphémères situés à Lagos ainsi qu’une station de café dans l’une des banques de la ville.

Changer les habitudes des consommateurs

« La plupart des Nigérians boivent du café instantané. Cependant, les gens ont de plus en plus tendance à demander du café frais. Nous créons notre propre créneau en convertissant les Nigérians du café instantané au café fraîchement moulu. Le café n’est pas un produit agricole prioritaire au Nigéria et il n’y a pas beaucoup de politiques pour soutenir le développement du secteur », remarque Adeyinka Tekenah.

En 2019, elle a lancé une foire du café à Lagos afin de rassembler en un même endroit l’ensemble de la chaîne pour entamer un dialogue sur la manière de construire l’industrie du café nigériane.

« Cela a été très difficile car nous n’avons pas réussi à convaincre des banques ou des sociétés de parrainer l’événement. Normalement, au Nigeria, les grandes entreprises sponsorisent des événements comme ceux-ci, mais là ça n’a pas été possible. Nous avons donc dû travailler avec d’autres PME qui se sont associées à nous pour réaliser l’événement. »