L’Ouganda veut convertir ses buveurs de thé au café

L’Ouganda – pays d’Afrique de l’Est aux 41,5 millions d’habitants – est le deuxième producteur de café du continent africain derrière l’Éthiopie et premier producteur africain du robusta. C’est pourtant le thé que ses habitants boivent en priorité et en grande quantité. La culture du thé rapporte d’ailleurs 100 millions de dollars au pays et emploie près de 65 000 personnes pour ce qui est le troisième principal produit d’exportation.

Pourtant, le poids du café dans l’économie ougandaise est bien plus grand. La production de café concerne près de 500 000 agriculteurs et les exportations restent assez élevées, rapportant 494 millions de dollars au pays (au dernier exercice). Dans ce contexte, comment se fait-il que les Ougandais boudent le café qui les fait pourtant vivre ?

Une boisson de riche et pour les blancs

La réponse évoquée est que le café serait associé… à l’homme blanc et aux riches. Un résidu de la période coloniale britannique dont le pays peine encore à panser les plaies ? D’autant que le café reste une boisson chère par rapport au thé.

D’autres croyances populaires estiment que le café est mauvais pour la santé et donnerait de la tension. Les idées reçues sont tenaces et la nouvelle génération tente de s’en défaire. Ainsi, dans la capitale Kampala, de plus en plus de bars à café ouvrent, mais la tendance a du mal à se répandre.

Paradoxalement, le café ougandais est plus consommé à l’extérieur du pays qu’à l’intérieur de ses frontières. On estime à seulement 3% de la population ceux qui se sont déjà convertis au café. En comparaison, près de la moitié de la production de café en Éthiopie est consommée en Éthiopie. Pourtant, de cette consommation locale dépend l’avenir de toute cette économie