Le Japon se tourne de plus en plus vers le café instantané

Ce n’est pas un phénomène nouveau, mais c’est un phénomène qui se voit amplifié par la crise de Covid-19. Triste réalité : les Japonais se tournent de plus en plus vers le café instantané – avec crème et sucre ! – pour leur consommation privée alors que la tendance ailleurs dans le monde est plutôt de se confectionner un café traditionnel à la maison (à base d’Arabica).

En 2019, le Brésil était encore le premier producteur de robusta au Japon, du fait de ses bas prix. Désormais, c’est le Vietnam, son plus grand rival en la matière, qui lui a ravi la place, selon la revue Nikeei Asia Review.

Les Japonais passent plus de temps à la maison

Du fait de la pandémie de Covid-19, les Japonais semblent passer, comme tout le monde d’ailleurs, plus de temps à la maison. Et le café instantané est devenu leur meilleur compagnon par sa facilité à le préparer. Les ventes auraient d’ailleurs progressé de 10% entre avril et juin.

En conséquence, la consommation de l’Arabica, de bien meilleure qualité, a chuté dans les cafés et autres coffee shops (fermés en avril), ce qui a bénéficié à la position du Vietnam de devenir le premier producteur de robusta, moins cher que l’Arabica, du Japon, devant le Brésil.

Une tendance de ce qui nous pend au nez ?

Cette tendance semble également s’expliquer par l’évolution des cultures d’Arabica et de robusta dans les années à venir. Les experts assurent en effet qu’à plus ou moins long terme, en conséquence du changement climatique, l’Arabica devrait perdre jusqu’à la moitié de sa production mondiale en 2050. Et qu’à l’inverse, le robusta, jugé aussi plus résistant aux maladies et qui peut être cultivé à une altitude moins élevée, pourrait devenir la boisson la plus consommée à l’avenir.

Il est certain que le robusta a gagné 20 à 40% de parts de matché au cours des trente dernières années quand l’Arabica a perdu près de 60% sur la même période. La tendance observée actuellement au Japon préfigure-t-elle ce qui nous attend dans d’autres économies de la planète dans les décennies à venir ?