Le café serait bénéfique pour les personnes atteintes de Parkinson

Une étude publiée le 30 septembre 2020 par l’American Academy of Neurology affirme que la consommation de café peut être associée à un risque plus faible de développer réellement la maladie de Parkinson, même si une personne est porteuse d’une mutation génétique de la maladie.

Porteurs du gêne ou non

L’étude a comparé 188 personnes atteintes de la maladie de Parkinson à 180 personnes non atteintes de la maladie. Dans les deux groupes se trouvaient quelques personnes porteuses d’une mutation génétique qui les prédispose à souffrir de la maladie de Parkinson.

Les chercheurs ont examiné la quantité de caféine dans le sang et comment celle-ci variait entre les groupes. Un total de 212 des participants ont également rempli des questionnaires sur la quantité de caféine qu’ils consommaient chaque jour.

« Les gens qui sont porteurs de ces mutations-là avaient des niveaux de café dans le sang encore plus faibles que les gens atteints de la forme sporadique de la maladie, c’est-à-dire la majorité de la population » a déclaré le professeur Louis-Éric Trudeau, du département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal, dans La Presse.

« C’était même deux fois moins que les autres personnes qui étaient atteintes de la maladie et qui étaient porteuses de la maladie, donc c’est quand même une bonne augmentation. »

Attention aux conclusions hâtives

« Ces résultats sont prometteurs et encouragent la recherche future explorant les thérapies liées à la caféine pour réduire le risque que les personnes atteintes de ce gène développent la maladie de Parkinson », a expliqué l’auteure de l’étude, Grace Crotty, MD, du Massachusetts General Hospital et membre de l’American Academy of Neurology .

« Il est également possible que les niveaux de caféine dans le sang puissent être utilisés comme biomarqueurs pour aider à identifier les personnes atteintes de ce gène qui développeront la maladie, en supposant que les niveaux de caféine restent relativement stables. »

Les effets neuroprotecteurs du café

Des études antérieures ont déjà montré que la consommation de café peut protéger contre le développement de la maladie de Parkinson chez les personnes ne présentant aucun facteur de risque génétique de la maladie.

« Nous ne savons pas encore si les personnes prédisposées à la maladie de Parkinson ont tendance à éviter de boire du café ou si certains porteurs de mutations boivent beaucoup de café et bénéficient de ses effets neuroprotecteurs », a nuancé le Docteur Crotty qui a précisé que l’étude portait sur des personnes à un moment donné et n’aidait donc pas les chercheurs à comprendre les effets de la caféine au fil du temps sur le risque de maladie de Parkinson ou comment elle peut affecter la progression de la maladie.

« Même si des études réalisées en laboratoire ont démontré que la caféine peut avoir un effet neuroprotecteur, aucune étude menée chez des humains ne permet pour le moment de conclure qu’une hausse de la consommation de caféine permettra de diminuer l’ampleur des symptômes ou de freiner la progression de la maladie », rappelle le journal La Presse.