Pourquoi le café du Kenya est-il interdit en Corée et au Japon ?

C’est un article publié sur le site Commodafrica qui nous l’apprend : « la Corée du Sud et le Japon ont interdit pour une période de trois ans le café en provenance du Kenya ».

Selon la rédaction, le café kényan serait en réalité trop riche en ochratoxine, « une mycotoxine produite par plusieurs champignons microscopiques et naturellement présente dans de nombreux produits végétaux du monde entier comme les céréales, les grains de café, le cacao et les fruits séchés ».

On retrouve parfois cette moisissure sur les fèves de café brutes ou vertes qui résiste parfois partiellement lors de la torréfaction.

En 2006, le Département de l’Agriculture et de la Protection des Consommateurs des Nations Unis n’hésitait pas à qualifier l’Ochratoxine A, présente dans le café, de « poison naturel fortement toxique pour les reins et pouvant être cancérogène ».

Une dose tolérable révisée

En mai 2020, l’EFSA (European Food Safety Authority) a publié une évaluation des risques sur l’Ochratoxine A dans les aliments. « Les experts ont confirmé qu’elle pouvait également être cancérigène pour le rein », est-il indiqué.

« Dans son avis précédent, l’EFSA avait établi une dose hebdomadaire tolérable (DHT) sur la base de la toxicité et de la cancérogénicité pour le rein.

« Les experts ont cette fois utilisé une approche plus prudente grâce au calcul de la ME et ils ont conclu qu’il pouvait exister un problème de santé pour la majorité des groupes de consommateurs. »

Un coup dur pour l’économie

La Corée du Sud est un client important pour le Kenya. « Selon les statistiques de l’International Trade Centre (ITC), les exportations de café kényan vers ce pays se sont élevées à 4 310 tonnes en 2019, soit environ 8,5% du volume expédié par le Kenya sur cette année, ce qui représente 9% des exportations totales de café », rappelle Commodafrica. « En revanche, le Japon est de moindre importance avec des importations de café kényan de 848 tonnes en 2019. »

Néanmoins, ce boycott fait craindre un effet boule de neige auprès des autres importateurs. La filière du café kényan appelle le gouvernement à agir pour relever le défi.

Selon Peter Gikonyo, président de l’Association des producteurs de café du Kenya cité par le quotidien Nation, « ce signalement peut s’expliquer par des lacunes dans les procédures de certification des produits agrochimiques du café, une capacité inadéquate des agriculteurs dans la gestion post-récolte et des lacunes dans les réglementations et l’application de la réglementation d’exportation du café ».