Covid-19 : les restaurants seraient 4 fois plus à risque que les cafés

Une étude américaine récemment publiée sur le site Nature affirme que les restaurants, les gymnases et les cafés peuvent être des hauts-lieux de contamination au Covid-19, du moins aux États-Unis. Est-ce pour cela qu’en France on ne parle pas de réouverture avant, au mieux, le 20 janvier 2021 et ce uniquement si la situation sanitaire se maintient à un certain niveau ?

L’étude s’est basée sur les données de téléphonie mobile pour cartographier les mouvements des personnes, suggérant que ces sites pouvaient être responsables de la plupart des contaminations au Covid-19 dans les villes américaines. À l’aide de données de smartphone anonymisées, les chercheurs ont suivi les mouvements de 98 millions de personnes dans 10 métropoles américaines entre les mois de mars et mai, ce qui correspond, comme en Europe, à la première vague du virus. Les chercheurs ont ensuite superposé ces données aux nombres de cas de Covid-19 pour créer un modèle simulant les contaminations.

Une étude basée sur les données mobiles

« Nous montrons qu’en intégrant ces réseaux, un modèle relativement simple peut s’adapter avec précision à la trajectoire du cas réel, malgré des changements substantiels dans le comportement de la population au fil du temps », indiquent les chercheurs.

« Notre modèle prédit qu’une petite minorité de points d’intérêts (tels que des restaurants ou des lieux de cultes) représentent une grande majorité des contaminations et que restreindre l’occupation maximale à chaque point d’intérêt est plus efficace que réduire uniformément la mobilité. »

Les lieux intérieurs bondés, tels que les restaurants, les gymnases et les cafés, représentaient la majorité de la transmission. Mais parmi ceux-ci, les restaurants seraient de loin le lieu le plus à risque pour les contaminations, voire même quatre fois plus dangereux que les gymnases et les cafés, selon Jure Leskovec, informaticien et auteur principal du rapport.

Selon lui, l’ouverture de restaurants à pleine capacité entraînerait la plus forte augmentation des infections, suivie des gymnases, des cafés et des hôtels et motels.

Réduire le taux d’occupation à 20%

Mais plafonner l’occupation de tous les sites à 30% réduirait considérablement le nombre d’infections supplémentaires. Si le taux d’occupation était même plafonné jusqu’à à 20%, les nouvelles infections seraient réduites de plus de 80%.

Pourtant, les hôteliers restaurateurs français ne veulent pas entendre parler de nouvelles restrictions, préférant ouvrir en pleine capacité en respectant un protocole sanitaire strict.

En octobre, un autre rapport montrait comment un programme du gouvernement britannique lancé au mois d’août et appelé Eat Out to Help Out, dans lequel les repas au restaurant étaient subventionnés, a certes entraîné une forte augmentation des visites au restaurant mais a représenté jusqu’à 17% des nouvelles contaminations au Covid-19 ce mois-là.

Cependant, le rapport de Nature indique que, bien que les données américaines suggèrent que les restaurants bondés sont les plus dangereux, cette conclusion n’est pas étayée par les données publiées en Allemagne par exemple, où les restaurants ne sont pas la principale source de contamination.